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La dermatite atopique et la COVID-19 : que savoir ?

La pandémie de COVID-19 suscite de nombreuses questions, notamment lorsque l’on souffre d’eczéma ou de dermatite atopique, sur l’application des gestes barrières, la prise de traitements…

Peut-on utiliser des Solutions Hydro-Alcooliques (SHA) quand on a une dermatite atopique ?

Depuis le début de la pandémie due au coronavirus nommé COVID-19, il est recommandé de se laver très souvent les mains ou d’utiliser des Solutions Hydro-Alcooliques (SHA). Les patients présentant une dermatite atopique non évolutive ne sont pas spécialement irrités par ces produits.
En revanche, en cas de dermatite évolutive avec notamment une peau abîmée, il existe un risque de développer une dermite d’irritation des mains. En effet, ces solutions alcooliques sont mal tolérées lorsque la barrière cutanée est fragilisée. En cas d’utilisation sur peau abîmée, une sensation de brûlure immédiate peut être constatée ; elle est due à la détérioration du film hydrolipidique cutané et la solution contenant de l’alcool risque d’aggraver cette détérioration.
Il est donc conseillé de restaurer la barrière cutanée par l’utilisation de crèmes hydratantes et de crèmes émollientes pour les mains. Une fois la peau redevenue normale, il est alors possible d’utiliser ces produits1.

Au total, pour garder des mains saines1,2:

  • Ne pas appliquer de SHA sur des mains abimées.
  • Ne pas se laver les mains immédiatement avant ou après l’application de SHA car l’application sur une peau humide peut augmenter l’irritation.
  • Privilégier des SHA sans parfum en cas d’allergie aux parfums ou à un des composants.
  • N’attendez pas que vos mains soient abîmées pour appliquer des crèmes émollientes et des crèmes hydratantes en évitant l’interaction avec les SHA. Appliquez-les au moins 3 fois par jour, et privilégiez les crèmes sans parfum.

Doit-on porter des gants pour se protéger ?

Il est déconseillé de porter des gants en latex ou en vinyle car ils favorisent la transpiration et la macération de la peau. En revanche il est conseillé de porter des gants lors de la manipulation de produits irritants (liquide vaisselle, détergents...), et de protéger vos mains du froid en portant des gants à l’extérieur.1,2.

Est-ce qu’on est plus à risque d’être infecté par la COVID-19 lorsqu’on a une dermatite atopique ?

On ne sait pas encore si les lésions cutanées et l'altération de la barrière cutanée peuvent faciliter la transmission du SARS-CoV-2 par contact indirect. De la même façon, on ignore encore si l'infection par le SARS-CoV-2 peut avoir ou non un impact sur les maladies inflammatoires chroniques de la peau et leur traitement. Il est donc préconisé à tous les patients atteints de dermatite atopique de respecter les gestes barrières (port du masque, distanciation sociale, lavage des mains) afin de prévenir la transmission du virus.3.

Faut-il arrêter son traitement ?

Il faut continuer à l’identique les traitements locaux (crèmes, pommades, lotions). Ils sont sans risque. Si vous prenez un traitement systémique dit immunosupresseur ou immunomodulateur pour votre dermatite, il est fortement déconseillé de l’arrêter sans avis médical car un arrêt brutal de traitement peut entrainer des exacerbations de la maladie et pouvant avoir un impact négatif important sur votre immunité. Votre médecin référent évaluera en fonction de votre état général de santé et du type de molécule que vous prenez s’il faut arrêter ou poursuivre votre traitement. En effet, dans une situation telle que la pandémie de COVID-19, le risque infectieux ne semble pas être impacté de manière équivalente pour tous les traitements : un traitement ciblé interférant sélectivement avec l'inflammation de type 2 n'augmenterait pas le risque d'infections virales et pourrait donc être préféré aux traitements immunosuppresseurs systémiques classiques.4.

Doit-on continuer à aller chez son médecin ?

Il est conseillé de continuer à consulter son médecin, même en période d’épidémie de COVID-19. En effet de nombreux médecins ont désormais mis en place des téléconsultations qui permettent, notamment pour la dermatite atopique de réaliser un suivi de qualité. En revanche pour certaines situations précises comme la mise en place d’un nouveau traitement, ou en cas de suspicion de surinfection de la peau, il peut être nécessaire de vous déplacer. Votre médecin saura vous conseiller sur la démarche à suivre en fonction du contexte épidémique.5.

Références

1 ANSM. Rapport relatif à l’innocuité des produits hydro-alcooliques (PHA) à base d’éthanol utilisés pour la désinfection des mains à peau saine par le grand public dans le cadre de l’épidémie de la grippe A (H1N1). Mars 2011. https://www.ansm.sante.fr
2 Société française de dermatologie. Prenez-soin de vos mains. Disponible sur évènement-sfd.fr. Consulté le 27/10/2020.
3 Gisondi P, et al. Dermatologists and SARS-CoV-2: the impact of the pandemic on daily practice. J Eur Acad Dermatol Venereol.
2020 Jun;34(6):1196-1201.
4 Wollenberg A, et al. European Task Force on Atopic Dermatitis statement on severe acute respiratory syndrome coronavirus 2 (SARS-Cov-2) infection and atopic dermatitis. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2020;34(6):e241-e242.
5 Fontaine JF, et al. L’allergologue face à l’épidémie de COVID-19 : quel impact et quelles précautions prendre ? Revue Française d'Allergologie. In press, corrected proof available online December 2020.

Publié le 12/01/2021

Dernière mise à jour le 12/01/2021

Référence ZINC 7000030745-12/2020