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Grossesse : quels facteurs entraînent un risque accru de dermatite atopique pour votre enfant ?

Un enfant dont l’un des parents, en particulier sa mère, est atteint de dermatite atopique a davantage de risque que la moyenne d’être lui-même touché par la maladie. Certains facteurs, notamment comportementaux, pendant la grossesse favorise ce risque. Le point avec le Dr Juliette Delaunay, dermatologue, assistante spécialiste dans le service de dermatologie du CHU d’Angers.

La dermatite atopique est une maladie multifactorielle, avec une composante génétique, mais aussi comportementale et environnementale. Dès lors que les gènes entrent en jeu, il est logique qu’un enfant né d’un parent atteint par la maladie présente également un terrain génétique favorable à la survenue de celle-ci. Les gènes sont en effet transmis pour moitié par chacun des deux parents. De fait, les enfants dont la mère et/ou le père sont touchés par la dermatite atopique en sont plus fréquemment atteints eux-mêmes que la moyenne. Ainsi, si les deux parents ont une dermatite atopique, le risque pour leur(s) enfant(s) de présenter la maladie se situerait aux alentours de 70 % (1). Si seul le père est atteint par la maladie, le risque pour l’enfant serait moindre par rapport à la situation où seule la mère l’est (1, 2). Les raisons de cette différence entre les deux parents ne sont pas véritablement connues pour le moment (2).

Des études récentes commencent par ailleurs à identifier des profils génétiques associés à un risque accru de survenue de la maladie chez les enfants (2). Mais ces recherches n’ont pour le moment pas d’utilité pratique pour les (futurs) parents. En tout état de cause, le risque lié à la composante génétique de la maladie est en partie imprévisible (il n’est pas possible de savoir à l’avance comment les gènes vont se combiner au moment de la conception) et n’est accessible à aucun moyen de prévention.

Stress et dermatite atopique

Il existe en revanche d’autres facteurs, liés davantage aux comportements, qui ont une influence sur le risque et qui peuvent être modifiés. Le premier de ces facteurs est le stress. Des études ont montré que les enfants dont la maman était stressée pendant la grossesse sont plus fréquemment atteints de dermatite atopique (3, 4). « Le stress est en effet susceptible d’entraîner des modifications de l’immunité à la fois chez la mère et chez l’enfant, explique le Dr Delaunay. Ces modifications peuvent alors favoriser une inflammation au niveau de la peau et donc la survenue d’une dermatite atopique. » Il est donc conseillé, dans la mesure du possible, d’éviter les situations stressantes pendant toute la durée de la grossesse. Il convient également de s’accorder du temps pour soi et d’avoir des activités permettant de se détendre.

Le rôle du stress ne concerne pas uniquement la maman. Une étude récente a ainsi mis en évidence que la qualité de la relation entre la mère et son enfant, au cours des mois qui suivent la naissance de ce dernier, a une influence sur le risque de survenue de la dermatite atopique (5). Lorsque cette relation est de bonne qualité, c’est-à-dire que la maman est en mesure de répondre aux attentes de son enfant et de nouer un rapport d’affection avec lui, le risque que ce dernier soit atteint par la maladie serait moindre, y compris en cas de terrain favorable. À l’inverse, une relation de moins bonne qualité entraînerait un stress chez l’enfant favorisant la survenue de la dermatite atopique.

Le rôle du tabac et de l’alcool dans la dermatite atopique

Parmi les autres facteurs pouvant entraîner une augmentation du risque de dermatite atopique chez les enfants, on trouve également la consommation de tabac et/ou d’alcool durant la grossesse (2, 6–9). Lorsqu’une femme enceinte fume, notamment si elle est elle-même atteinte d’une dermatite atopique, son enfant est davantage susceptible de présenter lui aussi la maladie au cours de son enfance. Il est donc fortement recommandé aux femmes enceintes de ne pas fumer. Les études réalisées sur l’influence de l’alcool sont moins concordantes. Mais, au moins à titre de précaution, la consommation d’alcool est proscrite pendant la grossesse.

D’autres facteurs associés à un risque accru de dermatite atopique chez l’enfant sont également décrits. C’est le cas par exemple de la pollution atmosphérique et de la présence d’animaux domestiques. Mais les études ne permettent pas d’apporter des conclusions définitives sur ces facteurs, qui sont par ailleurs difficiles à étudier isolément.

Probiotiques et vitamines

Il est possible d’éviter le tabac et l’alcool, ainsi que de limiter les situations stressantes. Mais existe-t-il des interventions durant la grossesse qui réduisent le risque pour l’enfant ? Différentes études apportent des éléments de réponse. Même si toutes les recherches ne sont pas unanimes, il semble que le fait de prendre des probiotiques pendant la grossesse et d’en donner à l’enfant durant ses premiers de mois de vie puisse avoir un effet bénéfique (2, 10). Les probiotiques sont des micro-organismes vivants qui sont ajoutés à des produits alimentaires, en particulier les yaourts et les laits fermetés. Ils auraient de multiples bénéfices pour la santé en contribuant au bon équilibre du microbiote intestinal, c’est-à-dire la flore intestinale. On sait désormais que celle-ci joue un rôle essentiel pour l’immunité. Selon les études réalisées, la prise de probiotiques par la mère pendant qu’elle est enceinte réduirait donc le risque de dermatite atopique chez le nouveau-né. Ces produits ne présentant pas de risque, il peut donc être conseillé aux femmes atteintes de dermatite atopique d’en prendre tout au long de leur grossesse. Il semble également que la prise de vitamine E soit bénéfique pour réduire le risque de dermatite atopique chez l’enfant (2). En revanche, les vitamines D et C seraient plutôt néfastes. Mais les études concernant l’intérêt d’une éventuelle supplémentation vitaminiques ne permettent pas aujourd’hui de conclure sur son effet par rapport au risque de survenue de la maladie. « En revanche, une chose est sûre, indique le Dr Delaunay, aucun régime alimentaire restrictif pendant la grossesse n’a montré un intérêt préventif sur la dermatite atopique des enfants (11). Il est donc conseillé aux femmes enceintes de continuer à avoir une alimentation diversifiée et équilibrée. »

Et l’allaitement ?

Une femme atopique doit-elle ou non allaiter son enfant pour prévenir le risque de la maladie chez ce dernier ? Il n’existe pas de réponse unanime selon les différentes études scientifiques sur l’éventuel rôle protecteur de l’allaitement et sur la durée minimale de ce dernier (2, 11). Néanmoins, il est recommandé aux femmes d’allaiter leur nouveau-né pendant les premiers mois de vie, étant donné les bienfaits de l’allaitement pour la santé globale de l’enfant ; si cela est possible, un allaitement exclusif est préférable. « Il est également conseillé de ne pas retarder la diversification alimentaire de l’enfant, explique le Dr Delaunay. Une introduction tardive des aliments solides ne réduit pas le risque de dermatite atopique. »

Bibliographie :

  • 1 - Guttman-Yassky E. Atopic dermatitis. Curr Probl Dermatol 2007; 35, 154-172.
  • 2 - Vaughn AR, Tannhauser P, Sivamani RK et al. Mother Nature in Eczema: Maternal Factors Influencing Atopic Dermatitis. Pediatr Dermatol 2017; 34, 240-246.
  • 3 - Andersson NW, Hansen MV, Larsen AD et al. Prenatal maternal stress and atopic diseases in the child: a systematic review of observational human studies. Allergy 2016; 71, 15-26.
  • 4 - Chan CWH, Law BMH, Liu YH et al. The Association between Maternal Stress and Childhood Eczema: A Systematic Review. Int J Environ Res Public Health 2018; 15.
  • 5 - Letourneau NL, Kozyrskyj AL, Cosic N et al. Maternal sensitivity and social support protect against childhood atopic dermatitis. Allergy Asthma Clin Immunol 2017; 13, 26.
  • 6 - Linneberg A, Petersen J, Grønbaek M et al. Alcohol during pregnancy and atopic dermatitis in the offspring. Clin Exp Allergy 2004; 34, 1678-1683.
  • 7 - Wada K, Konishi K, Tamura T et al. Alcohol Intake During Pregnancy and Offspring’s Atopic Eczema Risk. Alcohol Clin Exp Res 2016; 40, 1037-1043.
  • 8 - Carson CG, Halkjaer LB, Jensen SM et al. Alcohol intake in pregnancy increases the child’s risk of atopic dermatitis. the COPSAC prospective birth cohort study of a high risk population. PLoS One 2012; 7, e42710.
  • 9 - Shinohara M, Matsumoto K. Fetal Tobacco Smoke Exposure in the Third Trimester of Pregnancy Is Associated with Atopic Eczema/Dermatitis Syndrome in Infancy. Pediatr Allergy Immunol Pulmonol 2017; 30, 155-162.
  • 10 - Zuccotti G, Meneghin F, Aceti A et al. Probiotics for prevention of atopic diseases in infants: systematic review and meta-analysis. Allergy 2015; 70, 1356-1371.
  • 11 - Gamboni SE, Allen KJ, Nixon RL. Infant feeding and the development of food allergies and atopic eczema: An update. Australas J Dermatol 2013; 54, 85-89.

Publié le 11/12/2018

Dernière mise à jour le 11/12/2018

Référence ZINC 7000023237-11/2018

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